Chronique n° 126 du 17 février 2026

Copyright : Christophe Vander Eecken

Pierre Blondel sacré Maître de l’Architecture belge à BATIBOUW

BATIBOUW 2026 vient de refermer ses portes, confirmant, avec près de 200.000 visiteurs, qu’il reste la plateforme de référence, pour le public belge, dans le domaine de la construction et de la rénovation. Mais ce salon est aussi le grand rendez-vous des professionnels du secteur. On a encore pu le constater jeudi soir à l’occasion de la 2ème édition des Belgian Architectural Excellence Awards, initiative conjointe de BATIBOUW et de l’Ordre National des Architectes de Belgique. Outre Christian et Elisabeth de Portzamparc (lauréats du Prix International), le jury des BAEXA 2026 a tenu à récompenser Pierre Blondel en lui attribuant le Grand Prix de l’Architecture Belge. Notamment pour ses réalisations emblématiques en matière de logements sociaux…

A 70 ans, Pierre Blondel est toujours d’attaque. Il faut dire que bon sang ne saurait mentir. Fils d’un couple d’architectes, Jean-Pierre et Odette Blondel, neveu du célèbre décorateur Claude Blondel, il est animé par la passion de l’architecture. Celui qui fut professeur à La Cambre est même, à ses heures creuses, écrivain. Il a ainsi publié 3 romans où il imagine la vie dans les bâtiments qu’il a conçus. Mais c’est bien sûr pour sa grande carrière d’architecte qu’il est consacré. Son bureau (qui existe depuis plus de 4 décennies) est surtout spécialisé dans le logement social, particulièrement en Région de Bruxelles-Capitale : Molenbeek, Anderlecht, Schaerbeek… Notre architecte est également connu pour avoir réalisé la passerelle au-dessus de l’Avenue de Tervueren, l’Hôtel Aloft dans le Quartier Européen et l’extension de la Maison Communale de Molenbeek.

En réalité, l’engagement de Pierre Blondel est avant tout collectif. Son cabinet (situé Place Flagey) fut le premier à s’intéresser au logement social. Ce n’est pas par hasard si 80% de ses clients sont des services publics. Sa grande ambition est de « faire du logement social qui ne ressemble pas à du logement social ». Même s’il assume son côté militant, il réfute toute démarche dogmatique. Friche ou logement ? C’est à analyser au cas par cas… Démolir ou rénover les barres d’immeubles ? A voir aussi au cas par cas… De toute façon, il est essentiel de protéger les logements sociaux et de garder leur affectation résidentielle.

Pour conclure, j’aimerais rappeler un fait d’armes à l’actif de Pierre Blondel en matière de défense du patrimoine. Dans les années 90, un promoteur avait racheté un ensemble de bâtiments sur l’Avenue de Tervueren à Woluwe-Saint-Pierre. Il en avait profité pour démolir le numéro 120 de style Art Nouveau. Sachant que la Maison du Lieutenant Jean Delannoy, due à Paul Hamesse (1906), fut classée le 26 mars 1992, il est permis de dire que cette démolition s’était inscrite hélas dans la grande tradition de la Bruxellisation. Heureusement, la commune était parvenue à conserver les restes de la façade, permettant à Pierre Blondel et à son équipe de ressusciter l’édifice. Une chose est sûre, s’il était né quelques années auparavant, notre architecte se serait insurgé contre la destruction de la Maison du Peuple…

Paul Grosjean

Chroniqueur historique

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