Et le cinéma naquit il y a 130 ans en Belgique dans la Galerie du Roi…
Il y a très exactement 130 ans, le 1er mars 1896, soit à peine 2 mois après Paris, eut lieu la première séance publique du cinématographe à Bruxelles. Ce fut en la présence des frères Lumière que l’événement se déroula au numéro 7 de la Galerie du Roi dans les locaux du journal La Chronique (aujourd’hui boutique Léonidas). Cette première projection payante marqua le début des salles de cinéma en Belgique. A l’heure où le 7ème Art s’envisage de moins en moins en termes de lieux de rassemblement, cet anniversaire mérite toute notre attention…
Pour bien comprendre l’histoire du cinématographe des frères Auguste Lumière (1862-1954) et Louis Lumière (1864-1948), il importe de distinguer projections privées et projections publiques. La première projection privée de l’histoire prit place à Paris le 22 mars 1895. S’en suivirent différentes projections privées en France et en Belgique. Chez nous, la première projection privée eut lieu à Bruxelles au Palais du Midi, le dimanche 10 novembre 1895 à l’initiative de l’Association Belge de la Photographie. Deux jours plus tard, le mardi 12 novembre 1895, une deuxième présentation privée de l’invention nouvelle se déroula dans le Parc de Bruxelles, au Waux-Hall, en l’honneur des membres du Cercle Artistique et Littéraire (aujourd’hui Cercle Gaulois). Et c’est finalement à Paris, le 28 décembre 1895, au Boulevard des Capucines, qu’eut lieu la première représentation publique du cinématographe. La première projection publique à l’étranger se passa à Bruxelles le 1er mars 1896 au numéro 7 de la Galerie du Roi dans les Galeries Saint-Hubert. C’est plus de 3 mois après les Belges, très précisément le 18 juin 1896, que le public américain put découvrir, pour la première fois, à New York, le cinématographe.
C’est donc le 1er mars 1896 qu’au numéro 7 de la Galerie du Roi, au rez-de-chaussée, dans la salle des dépêches du journal La Chronique, fut organisée la première projection publique du cinématographe en Belgique. En une dizaine de minutes et au prix d’un franc belge, les nombreux spectateurs purent y voir notamment « L’Arroseur arrosé », « Le Repas de Bébé » et « L’Entrée du Train en Gare de La Ciotat ». L’engouement fut immédiat. Le public n’en revenait pas du spectacle de ces personnes allant et venant sur l’écran « dans l’absolue vérité de leurs expressions, de leurs mouvements et de leur allure ». Près de 130 ans plus tard, précisément ce mardi 17 mars 2026, Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière (et, par ailleurs, patron du Festival de Cannes) sera présent à Bruxelles afin de célébrer la naissance dans notre pays des salles de cinéma. Tous les amoureux du « vrai cinoche » seront sensibles à cette dernière séance…
Paul Grosjean
Chroniqueur historique
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