Chronique n° 123 du 26 janvier 2026

Façade Hôtel Winssinger (copyright Michel Gilbert)

Hôtel Winssinger, trésor de Saint-Gilles

De ce vendredi 30 janvier jusqu’au dimanche 1er février, trois galeries bruxelloises, Irène Laub Gallery, Whitehouse Gallery et la Galerie Michèle Schoonjans organisent la première édition du « Salon Winssinger » au cours de laquelle différents artistes contemporains, dont Toru Hamada et Rachel Labastide, sont présentés au public. Je ne peux que vous encourager à découvrir cette exposition qui se déroule dans le cadre exceptionnel de l’Hôtel Winssinger au numéro 66 de la Rue de l’Hôtel des Monnaies. C’est l’opportunité pour vous de visiter un chef d’œuvre de l’Art Nouveau créé pa Victor Horta. Et l’occasion pour moi de raconter l’histoire de cette résidence hors du commun…

Selon l’inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, l’Hôtel Winssinger est un remarquable hôtel de maître de style Art Nouveau conçu par Victor Horta entre 1894 et 1897 pour l’ingénieur Camille Winssinger dans cet esprit d’« art total » qui lui était cher. En 1928 et en 1929, le même Horta transforma l’hôtel en immeuble de rapport en modifiant façade et intérieur dans le respect du style initial. Il s’agissait surtout de scinder l’escalier principal et d’installer l’ascenseur Otis. Les transformations suivantes remontent à 1946 lorsque la compagnie d’assurances Le Lion belge emménagea au rez-de-chaussée et à l’entresol. Celle-ci fit construire à l’arrière de l’édifice une vaste annexe de 345 m2 afin de prolonger ses bureaux. Les observateurs de l’époque furent marqués par le style monumental de l’architecte Henri Jacobs (fils) qui était, de toute évidence, influencé par la dimension moderniste du Palais des Beaux-Arts (dû à Victor Horta).

L’Hôtel Winssinger fut classé intégralement le 7 décembre 1984. Une vingtaine d’années plus tard, Michel Gilbert, l’heureux propriétaire, entama une superbe rénovation des lieux. Grâce aux travaux réalisés par l’architecte Barbara Van der Wee en collaboration avec la Commission Royale des Monuments et Sites, l’immeuble a pu retrouver ses courbes organiques, ses notes florales et ses vitraux décoratifs. Aujourd’hui, il vous est loisible de participer aux visites guidées du bâtiment. Vous avez même la possibilité de le louer pour des activités événementielles à caractère culturel ou de standing supérieur. Les plus fortunés peuvent même l’acquérir ! Avis aux amateurs…

Paul Grosjean

Chroniqueur historique

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