Quand Diane Hennebert se confie sur la gestion du patrimoine à Bruxelles
Ce samedi 16 mai 2026, au Château Sainte-Anne, s’est tenue l’Assemblée Générale de l’Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique (www.dhj-hwt.be) sous la houlette de sa dynamique présidente Véronique de Limburg Stirum. Bref, ce fut pour moi l’opportunité de revoir le ban et l’arrière-ban des propriétaires privés du patrimoine belge. Ce fut aussi l’occasion d’entendre la conférence de la Baronne Hennebert sur la « revitalisation du Palais chinois de Laeken ». En préambule de son exposé, la « grande Diane » se livra à quelques confidences sur celles et ceux qui gèrent les richesses patrimoniales en Région de Bruxelles-Capitale. Les personnes présentes eurent ainsi le privilège d’entendre son opinion sans concession sur nos gestionnaires publics. Heureusement, la plateforme « Trésors de Bruxelles » est en mesure de vous révéler la teneur de ses propos…
En matière de protection et de revalorisation du patrimoine bruxellois, Diane Hennebert n’est pas n’importe qui. Elle a déjà à son actif 2 réalisations majeures dans notre capitale. Il y eut tout d’abord la restauration de l’Atomium (entre 2001 et 2006). Cet immeuble iconique, qui est l’édifice le plus visité de Belgique, fait désormais partie des 20 bâtiments les plus connus de la planète. Excusez du peu… Et puis, il y eut, sous l’égide de la Fondation Boghossian, la résurrection de la Villa Empain (saccagée entre 2000 et 2005). Cet espace est maintenant le lieu culturel le plus visité de Bruxelles. Comme vous pouvez l’imaginer, après de telles expériences, Diane Hennebert peut se targuer de connaître parfaitement les arcanes du secteur patrimonial à Bruxelles…
En réalité, face au public du Château Sainte-Anne, Diane Hennebert s’est interrogée sur le manque de vision de nos décideurs publics. S’agit-il de négligence, d’ignorance ou d’indifférence ? Forcément, il y a un peu de tout cela. Mais cela n’explique pas une telle constance dans la médiocrité. Une autre raison fondamentale de cet immobilisme est sûrement l’extrême complexité institutionnelle de la capitale de la Belgique. Bruxelles regroupe les échelons européen, fédéral, régional, communal. Sans oublier la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Bref, il n’est pas aisé de mener à bien des projets qui nécessitent l’implication de différents niveaux de pouvoir en ce qu’ils mêlent culture, éducation, patrimoine, architecture, urbanisme, tourisme…
Mais Diane Hennebert est allée plus loin quand elle a évoqué le manque de confiance identitaire en Région de Bruxelles-Capitale. A ce propos, il est clair qu’il n’y a pas la même fierté sur le patrimoine à Bruxelles qu’à Gand, Anvers, Liège ou Namur. A cela s’ajoute le fait que Bruxelles, en tant que capitale, cumule pas mal de signes extérieurs des splendeurs passées de la Belgique, ce qui ne plait pas nécessairement à tout le monde dans ce pays. N’y a-t-il pas, dans différents milieux, la volonté de gommer certains édifices symboliques du paysage bruxellois ?
Malgré tous ces handicaps, Diane Hennebert en appelle à un sursaut. Tout simplement parce que le patrimoine renforce la mémoire collective, parce qu’il participe à l’identité culturelle, parce qu’il provoque l’émotion esthétique, parce qu’il contribue à la durabilité environnementale. Transmettre, c’est interpréter, adapter, réinventer sans trahir l’essence d’origine. En d’autres termes, à Bruxelles, le patrimoine a besoin d’un avenir, pas uniquement d’un passé. C’est décidé : je vote Hennebert !
Paul Grosjean
Chroniqueur historique
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